Le sac de maillots après la séance, ce qu’un rapport de 2003 permet de dire
Un rapport sanitaire américain de 2003 sur une équipe universitaire aide à organiser le sac après l’entraînement, à condition de ne pas lui faire dire plus qu’il n’établit.
Pratique · Période abordée : À travers les époques

Dans cet article
La séance est finie, les maillots humides partent au fond d’un sac fermé, avec les serviettes et parfois les chasubles du groupe. Ce geste ordinaire pose une question simple : que sait-on vraiment de ce qui circule par le linge partagé ? Partons d’un document précis.
Un exemple documenté
En août 2003, les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), l’agence sanitaire fédérale américaine, ont mis en ligne dans leur bulletin MMWR un rapport sur des infections cutanées à staphylocoque doré résistant à la méticilline (SARM) chez des sportifs. L’un des cas décrits concerne une équipe universitaire de Pennsylvanie, en septembre et octobre 2000 : dix joueurs infectés, dont sept hospitalisés. Il s’agit de football américain, pas de football tel qu’on le pratique en club en France ou en Belgique.
Parmi les facteurs de risque possibles, le rapport cite les écorchures dues au terrain synthétique, le rasage et le partage de serviettes de bain non lavées.
Ce qu’il permet d’établir
Le rapport montre que des objets en contact avec la peau, partagés sans être lavés entre deux utilisateurs, ont été retenus par les enquêteurs comme une voie plausible de transmission dans un contexte sportif. C’est la base d’une recommandation reprise aujourd’hui par les CDC dans leur page destinée aux sportifs : ne pas partager serviettes ni vêtements, tenues comprises, et laver sa tenue après chaque utilisation.
Ce qui reste incertain
Le rapport le dit lui-même : les enquêtes n’ont pas établi de façon définitive comment la bactérie s’est transmise. Il ne parle pas des sacs de sport, ni du temps passé par le linge mouillé dans un sac fermé. Il porte sur quelques équipes américaines du début des années 2000 : transposer ces chiffres à un vestiaire amateur d’aujourd’hui serait abusif. On en retient une prudence, pas une mesure du risque.
Une routine pour le sac
- Une serviette par personne, jamais celle du voisin.
- Un compartiment ou un sac séparé pour le linge sale, afin qu’il ne touche pas les affaires propres.
- Videz le sac en rentrant, plutôt que le lendemain.
- Lavez-vous les mains après avoir manipulé le linge porté.
- Lavez la tenue et la serviette après chaque séance, puis laissez-les sécher complètement.
Sur le séchage, une précision s’impose. La page des CDC conseille le sèche-linge plutôt que l’étendage, mais elle demande aussi de suivre l’étiquette du vêtement. Un maillot floqué supporte souvent mal la chaleur : si l’étiquette exclut le sèche-linge, elle l’emporte, et l’objectif reste un séchage complet.
Pour les chasubles du groupe, même logique : quelqu’un les lave et les rapporte sèches. Si une plaie ou une lésion de la peau apparaît, la couvrir et demander l’avis d’un professionnel de santé.


